Flanders Field

Publié le par Pascal Dufrénoy

 Flanders Field

 

Ils ondulent aux pieds des collines d’Artois, des bosses rousses de Flandre…

Au pas cadencé… Le carnaval grotesque…Ecarlate et cruel

Markus, Joseph, Hans, Wilfried… Et la boue qui colle aux semelles comme un regret trop lourd…

Certains rient, d’autres fument…

La sueur coule, glacée… Sous les capotes ignobles

Chaque regard perdu raconte une existence

Ils ondulent aux bords déchirés des lèvres du monde…

 

Nous n’en parlions jamais…

 

Avant d’aller rejoindre les camarades évaporés dans les méandres du temps…

Ses silences absolus voilaient son regard d’azur…

Il a l’œil bleu horizon me disait Grand-mère…

Sous les capotes ignobles…

 

Avant d’aller rejoindre les camarades après quelques décennies d’attente…

 

Nous n’en parlions jamais…

 

Apprenti et tâcheron, fantassin et miséreux… Ouvrier et gueux…

Une vie fracassée, ses vingt ans au rebut comme un vieux chiffon rouge…

Il a l’œil des grands soirs me disait le père…

Dans les fabriques anthropophages…

La fatigue coule, poisseuse… Sous les hardes usées…

 

Nous n’en parlions jamais…

 

Ils reposent aux pieds des collines d’Artois, des bosses rousses de Flandre…

Aux rythmes ampoulés… Les fanfares de novembre… Incongrues et cruelles…

Félix, Eugène, Gustave, Momo le Guinéen… Et le vent qui se tait comme une révérence…

Certains parlent, d’autres songent…

Le coquelicot flamboie, écarlate… Sur les champs délavés…

 

 

Flanders Field

 

Nous n’en parlions jamais…

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Publié dans Chroniques

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